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July 16

Les enquêtes de Pascal

Depuis les vacances au Yucatan, Pascal a entamé sa phase de terrain. En quoi ça consiste ?

Et bien au début, c’est un peu les vacances. Il s’agit de se balader dans la zone pour mieux la délimiter, de passer dans chaque mairie pour tchatcher avec le chargé des affaires agricoles ou du développement rural pour se présenter et faire semblant de lui demander des infos sur la zone que de toutes façons il n’aura pas. Parfois, c’est aussi se faire inviter par le descendant des anciens grands propriétaires terriens (hacendados) pour se faire raconter l’histoire du coin puis visiter sa cuisine digne de nos cuisines campagnardes des années 30 (avec le grands vaisselier en bois qui occupe un pan de mur entier, le four à pain, l’ancienne cheminée toute en carrés de pavement et les chorizos qui sèchent pendus devant : d’une grande beauté). Et comme une cuisine ne se visite pas sans honorer son hôte en le félicitant sur la qualité de ses chorizos, il faut bien ensuite passer à table déguster les chorizos, le sanglier fumé qu’il a chassé comme le reblochon extra que produit son frangin. Puis comme il faut rester poli jusqu’au bout, et bien on acceptera le bouillon d’écrevisses que nous apporte la bonne toute dévouée puis la glace à la vanille agrémentée de confiture de prunes maison délicieuse. Je passe un tas de détails, comme l’effet que ça peut faire que de découvrir une pièce de la magnifique hacienda entièrement dévouée à l’atelier maternité des moutons. Un peu comme si on faisait un élevage de moutons dans notre ancienne salle-à-manger …

Bref à part ça, notre hacendado est quand même un gars exceptionnel. On est à dix mille lieues des discours qu’on a pu entendre au Guatemala. Ses grands-parents (espagnols et allemands) avaient racheté le domaine au clergé au moment de l’Indépendance (1872) du Mexique puis ils se sont fait expropriés d’une bonne partie durant la révolution (1910). Je pense que ça leur est resté en travers de la gorge. Mais le p’tit fils, lui, il estimait que l’expropriation n’avait fait que rétablir un peu de justice dans un pays si inégalitaire et il en avait de toutes façons ras-le-cul de se bouffer le nez avec les p’tits paysans du coin. Alors, quand il a repris le domaine, il a décidé qu’il fallait mieux s’associer avec eux pour vivre en paix … et il s’est lancé dans la grande aventure des coopératives. Il lui est arrivé un tas de malheurs dans sa famille et comble de la malchance, il a voulut s’engager dans un méga projet coopératif qui demandait quelques millions de pesos d’investissement 6 mois avant la dévaluation du pesos ! La ruine, après cette histoire, il ne lui est resté qu’une vache et encore, même pas de race puisque c’était une croisée zébu ! Il a mis 7 ans à s’en remettre.

 Bref, l’étape suivante consistait à appliquer le questionnaire de Pascal aux producteurs de lait sur lesquels on tombait (par hasard) dans les villages aussi tirés au sort par Pascal. Producteur de lait, ça veut dire depuis une vache laitière jusqu’à plusieurs dizaines. On s’est bien baladés, on a vu des champs et des prairies et des pâturages, des gens très sympas et d’autres qui n’avaient pas le temps de nous répondre, d’anciennes haciendas rendues aux mains des paysans à la révolution et qui tombaient en ruine, d’autres toujours dans les mains des descendants de leurs premiers propriétaires et qui semblaient appartenir à un autre temps. On a vu des petites familles et de très grandes (je tiens le record avec une mamie enquêtée qui a accouché … 18 fois ! des 18, seulement 11 enfants sont encore vivants). On a vu des gens très humbles, des familles très très pauvres et d’autres qui vont de l’avant, certaines qui envoient les fils tenter leur chance « de l’autre coté », et certaines mamans qui pleurent et qui pleurent la mort de leur fils qui justement, n’est jamais arrivé jusque de l’autre coté. Des histoires horribles, des couples qui traversent le désert avec deux bouteilles d’eau pour être plus légers et un bébé dans les bras. Des émigrés revenus au bercail et qui racontent la vie là-bas, quand ils essayaient de travailler au noir sans comprendre trois mots d’anglais … souvent, la complicité s’installe avec la p’tite française qui est venue découvrir leur beau pays, si loin de sa famille elle aussi et devant parler une nouvelle langue, elle aussi.

Ce fut un travail assez intense, même émotionnellement, mais on aura découvert un nouveau visage du Mexique. Un Mexique que vivent chaque jour des millions de mexicains.

PS : Juste pour les amateurs de chiffres : 10 millions de mexicains vivent aux Etats-Unis, soit 1 mexicain sur 10 … 6,7 millions des mexicains émigrés aux USA sont sans papiers.

June 16

Nos vacances au Yucatan

Prélude : Pour ceux qui n’aiment pas lire, passez directement aux photos, pour les autres, préparez-vous à un nouveau roman, mais le Yucatan ne peut pas être décrit en trois lignes !

 

Mathieu et Anne-Claire ont eu la bonne idée de venir nous visiter … en atterrissant à Cancun. Pour ceux qui n’ont pas la géographie du Mexique en tête, Cancun se situe tout à l’Est de la Péninsule du Yucatán, soit à 24 h de bus de chez nous. Le prétexte idéal pour se prendre une bonne semaine de vacances, visiter les innombrables sites mayas du Yucatán, connaître les fabuleuses plages caribéennes, et recharger les batteries à bloc.

 

Le Yucatán est tellement magnifique que ça va être dur de vous faire partager tout ça par écrit. Nous avons quand même mis quelques photos en ligne et nous espérons que ça donnera des idées de voyage à certains. Donc après avoir récupéré les jeunes mariés à Cancun, nous avons tout de suite filé vers les belles plages de sable blanc et eau turquoise. On avait beau s’y attendre, le paysage est incroyable, on se croirait en plein rêve. L’eau est tellement limpide que tant qu’on a pied, on arrive à voir le fond, mais le plus impressionnant, c’est que même sans masque et tuba, on peut voir les petits poissons de toutes les couleurs depuis la surface. Nous avons alors mis le cap sur Cozumel, une île mondialement connue pour ses sites de plongée, puisqu’elle se situe à côté de la deuxième plus grande barrière de corail du monde. De cette île, vous ne verrez pas de photos car l’appareil photo nous a lâché, mais on s’en est mis plein la vue. Nous avons fait deux plongées. Lors de la première, nous avons nagé autour d’un récif coralien immense. Une vraie barrière percée de tunnels. Les coraux étaient très divers, rien à voir avec ce que nous avions connu à Veracruz : Ici, les coraux étaient de toutes les couleurs (verts, jaunes, violets etc.) et de toutes les formes (cactus, grosses roses, fine dentelle …). Pour la deuxième plongée, nous avons plutôt nagé au-dessus d’un récif et les poissons nous ont vraiment impressionnés. Nous avons vu plein de poissons lune : des jaunes et noirs, des jaunes et gris, des jaunes et bleus, sans compter les poissons perroquets : des bleus turquoises et rouges, des rouges et gris, des jaunes et bleus. On les appelle poissons perroquets à cause de leur bouche qui ressemble à un bec et qui leur sert à croquer le corail, dixit Mathieu. Les deux plus grosses surprises de cette plongée furent une énorme écrevisse cachée sous une roche et une raie manta. Nous avons surpris la raie dans le sable, puis elle s’est mise à nager comme si elle volait dans l’eau, impressionnante par son envergure (un bon mètre). Un petit poisson l’accompagnait tout le temps au-dessus de sa tête, ce qui rendait la scène très mignonne.

 

C’est aussi à Cozumel que nous avons pris nos premiers cocktails : de succulentes piñas coladas, et l’habitude des Happy Hours. Ensuite, nous avons embrayé sur Tulum, toujours sur la côte. Le site de Tulum est carrément surréaliste : on peut se baigner dans une eau turquoise, au pied des ruines d’une ancienne cité commerçante maya, tout en imaginant au large les voiliers des conquérants espagnols, qui passèrent par là après un arrêt sur Cozumel. Tulum était alors tellement florissante que depuis le large, en voyant ses tours, le capitaine compara Tulum à Séville. Il n’accosta d’ailleurs pas.

 

Après Tulum, nous avons fait un détour par Cobà, un site maya en plein cœur de la jungle. Les édifices y sont plus hauts qu’à Tulum et le site bien plus étalé. Il est aussi réputé pour la grande quantité de stèles qui y ont été découvertes. Mais ce ne sont pas ses stèles qui nous ont le plus impressionné, la plupart étant aujourd’hui quasiment illisibles. Nous avons plus apprécié l’ascension de notre première pyramide, du haut de laquelle nous dominions complètement la jungle qui s’étalait à perte de vue. De notre pyramide, nous pouvions imaginer le fourmillement de tant d’animaux qui vivent dans la jungle. Sans les voir, nous savions que sous la canopée volaient des millions d’oiseaux, rampaient de dangereux serpents et chassaient les bêtes sauvages …

 

Revenus sur terre, nous avons pris la route de la Laguna Bacalar, à 300 km de là, recommandée dans les guides pour la couleur de ses eaux. Ce ne fut pas notre meilleure étape car nous nous sommes réveillés dans un motel crasseux par un temps de chien. Mais il faut reconnaître que même sous la pluie, le lac conserve des couleurs impressionnantes ! Voyez plutôt les photos.

 

Nous avons alors fuit le mauvais temps pour s’enfoncer à l’intérieur des terres avec pour objectif Kalacmul, encore un site maya perdu dans la jungle. Apres notre hôtel crasseux de Bacalar, nous y avons trouvé des paillotes super soignées, fait un festin et le lendemain nous avons vraiment profité de la jungle grâce à un guide qui nous a trimballé pendant 3 heures. Je suis partie très sceptique, pensant que les bêtes sauvages nous entendraient arriver à des km à la ronde et se cacheraient, qu’on verrait à la rigueur quelques oiseaux, ni plus ni moins. Nous avons effectivement vu pleins d’oiseaux, entre autres les espèces de paons sauvages qui peuplent les forêts d’Amérique centrale, des toucans et des énormes faisans sauvages. Nous avons frissonné devant des serpents dignes d’Indiana Jones. Nous nous sommes attendris devant une colonie de singes araignées et surtout devant une mère qui portait deux petits dans son dos, sans que cela ne l’empêche de sauter de branches en branches. Nous avons pisté le jaguar grâce aux empreintes qu’il avait laissé dans la terre fraîche, mais le must de la ballade fut que nous l’avons surpris, marchant paisiblement sur un chemin forestier, tout en faisant rouler ses muscles sous sa fourrure et laissant présager de sa puissance. Il ne nous a pas tout de suite entendu, ce qui nous a laissé un peu de temps pour l’admirer … et frissonner ! Puis sur le site de Kalacmul, les pyramides étaient encore mieux restaurées qu’à Cobà. Nous sommes remontés en haut d’une pyramide, et après notre ballade dans la jungle, nous pouvions encore mieux imaginer la vie qui se tramait sous la canopée. Les pyramides de Kalacmul sont organisées autour d’une place centrale, avec des observatoires astronomiques. Elles gardent aussi la trace d’anciennes nécropoles, et ces détails stimulaient plus notre imagination sur la vie de l’élite maya qui avait dû vivre ici, dans leurs costumes d’apparat, chargés de plumes de toutes les couleurs.

 

On a eu du mal à partir de ce site enchanteur mais on arrivait à la moitié des vacances et il était temps de remonter vers le Nord. La route jusqu’à Mérida était un peu longue mais très belle : traversant forets et pâturages. A Mérida, nous avons découvert une ville paisible, colorée et d’architecture coloniale. Nous avons fait notre premier marché, craqué sur les « guayaberas », chemises pour hommes locales, sur les hamacs … et sur les glaces ! Nous avons fait un détour par le zoo du coin, assez bien arrangé. On ne regarde pas du même œil les animaux sauvages quand on est passé à côté d’eux dans leur habitat naturel …

 

Nous sommes arrivés le soir même à Chichen Itza, le site maya le mieux conservé du Yucatan, pour un son et lumière assez chouette. Le texte retraçait la cosmogonie maya et leur description « du début du monde », puis l’histoire des mayas qui avaient peuplé Chichen Itza. Les lumières mettaient bien en valeur le jeu de paume, l’observatoire de vénus et surtout l’énorme pyramide centrale. Mais le clou du spectacle fut l’illumination d’un des quatre escaliers de la pyramide, symbolisant la queue d’un serpent emplumé et dont la tête était formée par une sculpture au pied de l’escalier. Cette illumination a naturellement lieu à chaque équinoxe de printemps. Chaque 21 mars, donc, apparaît un serpent emplumé qui descend la pyramide. Le serpent emplumé est une représentation du Dieu Quetzalcoatl. Cet effet de lumière devait être très impressionnant pour les mayas de l’époque, et l’exactitude de l’orientation de la pyramide témoigne aujourd’hui de la grande connaissance des astres à l’époque … Bon, le son et lumière rappelait également la pratique courante des sacrifices humains, que ce soit à l’issue d’une partie de jeu de paume ou après les semis comme incantation au Dieu de la Pluie. Le relief karstique du Yucatan laisse place à d’innombrables cenotes : trous d’eau dans la roche calcaire. Chichen Itza se situe à proximité de deux cenotes. Il est vrai qu’il devait être difficile à l’époque d’expliquer la présence de trous parfaitement ronds, remplis d’eau. Ce fut suffisant pour décider que ces trous de plus de 20 m de profondeur seraient le lieu idéal pour précipiter hommes et enfants en l’honneur du Dieu de la Pluie et s’assurer ainsi les récoltes. Ils sont fous ces mayas …

 

Le lendemain, nous avons pris le temps de visiter le site de jour. Les innombrables sculptures de sacrifices humains et de têtes de mort nous ont donné des frissons dans le dos. Nous n’avons pas voulu partir sans connaître les cenotes. Nous avons donc élu un cenote sous-terrain pour aller se baigner. Même sous terre, l’eau garde sa couleur bleue turquoise, et les stalactites donnaient à la grotte une allure de cathédrale. La fraîcheur du lieu était aussi un ravissement pour le touriste qui souffre de la chaleur du Yucatan !

 

Notre dernière étape fut Rio Lagartos, un village au bord d’une lagune prise entre le continent et une bande de sable qui la sépare de l’océan. Côté lagune, la mangrove abrite une énorme diversité d’oiseaux et l’un des deux sites de nidation des flamands roses du Mexique. Mais surtout, Rio Lagartos, signifie « Fleuve aux alligators », et bien qu’il n’abrite aucun alligator, les crocodiles sont légion. Une raison suffisante pour faire briller les yeux de Pascal plus que d’ordinaire et programmer une ballade en bateau dans la mangrove ! Vous verrez sur les photos que nous avons effectivement vu pleins de flamands roses et autres oiseaux, que nous avons découvert le Limure ou « crabe préhistorique », vu un baracouda gnaquer un espadon, flotté dans des eaux hyper salées et joué avec l’argile blanche … mais côté crocodile, c’était pas la fête … Nous sommes partis très tôt le matin et le soleil ne brillait pas assez fort pour que les crocos sortent se faire dorer la pilule. Nous avons à peine aperçu les yeux d’un petit croco dépasser à la surface. Lequel croco en question a vite plongé dans les profondeurs quand il nous a vu.

Voilà, à Rio Lagartos, nous avons aussi profité à fond des poissons et fruits de mers à des prix défiant toute concurrence, nagé dans les eaux turquoise côté océan, fait notre dernière partie de ramis, avant de retourner sur Tulum laisser nos jeunes mariés pour 5 jours de farniente en amoureux dans ce lieu inédit … Toutes les bonnes choses ont une fin, même les vacances … Mais alors, on en a pris vraiment plein la vue et ces vacances resteront inoubliables pour tous les 4.

 

Reste à voir si ça vous donne des idées !

May 26

Changement de vie

Depuis le temps qu’on n’a pas donné de nouvelles, beaucoup de choses on changé autour de nous :

- Pascal est enfin rentré, a la grande joie de Tévécia et de l’estomac de tous les francais expatriés autour de nous.

- Les pluies se font de plus en plus fréquentes, on n’est plus obligés d’arroser le jardin deux fois par jours.

- On a mangé nos premiers produits du jardins : des bons radis tous ronds et de la « verdolga ». La verdolaga est une mauvaise herbe qu’on s’acharnait a arracher jusqu’a la voir sur les étales des marchés a coté des épinards. Il s’agit jusqu’a présent de notre plus grosse production.

- Notre foyer s’est agrandit ... On est maintenant 7 a la maison. Les plus forts en calculs mental auront compris que Tevecia n’a pas accouché de triplés mais plutot qu’on a acceuilli 3 noubeaux collocs.

- Pascal a vu des baleines dans le Pacifique ainsi que des dizaines de dauphins mais il n’a pas pecher un seul poisson (Ah pardon, ca fallait pas le dire !). Tévécia ne les a pas vu, elle préférait faire le marathon de Zacatecas. C’est tres sportif, il s’agit de tenir 10 jours sous pression a chercher des producteurs dans tous les patelains pour leur poser pleins de questions entre 7h du mat et 23h, puis faire le point de tous les absents au bataillon entre 23h et 2h du mat.

- On a changé de président. A excusez-moi de remettre des vieilles histoires toutes pourries sur le tapis ...

- Tévécia est devenue moins naïve sur les relations laborales au Mexique. Si on devait placer l’amplitude de l’électrochoc sur l’échelle de Richter, on dépasserait largement la magnitude des tremblements de terres mexicains du mois dernier. (Elle est ou ma bonne vieille Chambre d’Agriculture ??) - Mathieu et Anne-Claire atterrissent dans 10 jours a Cancun, on a des vacances en vue (Encore ! diront la plupart, Ouff ! dira Tévécia).

March 21

La belle vie ...

Quoi de neuf depuis la dernière fois ? Que des bonnes nouvelles …

Tout d’abord, côté domestique : on a enfin finit d’ouvrir nos valises ! Parce que ça y est, Pascal a enfin l’autorisation de rester dans la maison où nous sommes … à condition que Tévécia ne se fasse pas trop remarquer quand même. Donc nous avons maintenant une maison avec 3 chambres et un jardin. Le rêve. En fait, elle est faite pour accueillir les élèves et profs qui viennent temporairement à Chapingo grâce aux divers programmes d’échanges et collaborations. Elle est donc prévue pour 6 personnes (deux par chambre) et nous la partageons en ce moment avec deux mexicains du Chiapas de l’Institut National des Indiens de Sinaloa (une université) qui viennent faire leur stage de maîtrise (Heu Licence 2 maintenant) à Chapingo. Ils sont assez faciles à vivre donc la colloc se passe plutôt bien (on en reparlera dans quelques mois Béné !).

Dès qu’on a su qu’on pouvait rester, Tévécia est allée acheter une houe et des graines. Le climat est idéal à condition d’arroser (le prochain investissement sera un tuyau d’arrosage) et les radis et carottes semées la semaine dernière sont déjà en train de lever … Pascal (ou son estomac) semble plutôt intéressé et a déjà prévu d’agrandir la surface du potager parce que quand même, les légumes, ça part vite ! Et puis Tévécia, faudra pas exagérer sur les fleurs, faut quand même qu’il reste de la place pour ce qui se mange !

Grace à Amyris, notre quotidien s’est également agrémenté d’une cafetière (ça manquait) et d’un vélo pour Tévécia. Maintenant, le labo de Pascal est à trois coups de pédales de la maison, et Pascal est ravi de voir sa chérie débarquer à tout instant… Pascal a également un plan vélo pour les jours qui viennent. Chouette, il ne sera plus qu’à trois coups pédales de la maison et aura une pause déjeuner plus longue avec sa chérie… Ah non, c’est pas comme ça que ça marche ?!?

Passons au plus exotique : On a vu nos premiers poissons exotiques des fonds marins de Véracruz ! Magique ! Ils sont de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes les saveurs (ha non pardon, c’est pas vrai on ne les pas encore embrochés). C’est assez inimaginable et indescriptible. Enfin tant pis, vous n’avez qu’à vous imaginer des poissons que vous n’avez jamais vu ni en photos, ni dans les films documentaires sur arte et ça devrait un peu ressembler à ce qu’on a pu voir. N’oubliez pas les coraux de toutes formes dans le fond. Pascal a même pu plonger jusque dans l’épave d’un ancien porte-canon de la première guerre mondiale. Quant à Tévécia, ne sachant pas plonger elle n’est allée qu’à trois mètre mais pas la peine de plonger plus bas pour se remplir les mirettes de belles images marines et pour voir passer de temps à autre un Pascal marin avec son tuba. Et comme sous l’eau tout objet est grossit de 25 %, elle rêve depuis de vivre avec les poissons pour avoir un amour encore plus grand … Non, c’est pas comme ça que ça marche ?

On a fait notre premier 4 950 m. Non, pas 5 000 m, faut être honnête !

En fait on était partis ce week-end pour faire l’ascension du Pic d’Orizaba qui culmine entre 5 600 et 5 700 et quelques mètres selon les cartes. Quand je vous dit qu’au Mexique rien n’est fixe, on a toujours le choix… Bref, on est partis en wariors à minuit de notre refuge (4 000 m) avec nos frontales, crampons et piolets avec un guide et un copain français, Sylvain, de Véracruz. Et on a monté, on a monté, on a monté… Ju merci d’avoir aidé Tévécia à s’équiper avant de partir, elle n’a presque pas râler contre le froid (un exploit) ! A part les crampons autrichiens d’après guerre de Tévécia qui menaçaient de se décrocher tous les quarts d’heure, tout allait plutôt bien jusqu’à ce que les phénomènes liés à l’altitude se fassent sentir. Pascal est le premier à avoir afficher la couleur. Grosse fatigue mentale et envies de dormir. M’enfin vu la semaine intense en boulot et les trois nuits presques blanches qu’il avait enchaîné, quoi de plus normal ? Tévécia est partie avec un appétit monstre et insatiable jusque vers 4 700 m où il s’est radicalement convertit en légères nausées (à moins que ce ne soit la barre de caramel aux cacahuètes ?) et Sylvain, il avait plutôt des maux de crâne et de grosses nausées. D’après le guide, c’était normal.

On a donc grimpé et grimpé et grimpé. Ah mais pas n’importe comment s’il vous plait. D’abord entre les roches volcaniques puis dans la neige des failles vestiges d’une ancienne avancée du glacier, puis enfin sur le glacier. Ben finalement, le glacier, avec des crampons, c’est ce qu’il y a de moins acrobatique. Il faisait nuit noire (tu vois grand-mère que ta frontale peut s’avérer indispensable !), les étoiles étaient magnifiques et comme on allait toujours plus haut, il paraissait toujours qu’on allait aller jusqu’aux étoiles. A part la silhouette des montagnes qu’on percevait de temps en temps et le froid de plus en plus perçant au fur et à mesure de la montée, notre seul point de repère était l’altimètre du guide. Il a bien servi, Tévécia a dû lui demander l’altitude au moins tous les 20 m (vous pouvez calculer ça fait pas mal de fois) !

Enfin bref, avant d’aborder le glacier, on a fait une dernière pause pour voir l’état des troupes. Entre deux phrases, Pascal qui avait toujours sommeil, a piqué du nez. Tévécia a commencé à s’affoler, mais d’après le guide, s’était toujours pas grave, fallait juste qu’il fasse attention à ne plus dormir en marchant pour ne pas tomber. Tévécia en a encore des frissons dans le dos rien que de penser à la chute… Mais comme Pascal est le plus fort (qui en doutait encore ?), après cet incident, il s’est ressaisi et a peté la forme jusqu’à la fin. On a donc abordé le glacier. Jusqu’à ce que Sylvain se plaigne de grosses nausées et d’un bon mal de crâne. Bon, on était à 4 850 m, le guide nous suggérait d’aller au moins jusqu’à 5 000m et d’aviser ensuite. OK, c’est repartit.

Jusqu’à 4 950m, 5h du mat, la nuit toujours noire, les étoiles aussi belles, Pascal et Tévécia en pleine forme (l’euphorie des montagnes ?) et Sylvain qui lance « Je suis bourré ». Ah, là, ça commençait à bien faire. Tévécia a pris peur et en chœur, Sylvain et Tev ont demandé à faire demi-tour. Le guide suggérait de continuer jusqu’à 5 000 m, Pascal, la tête dans les étoiles semblait toujours aux anges mais comprenait quand même que ce n’était pas la peine de faire les imbéciles. Après 5 min de plus de palabres et trois doigts de pieds de plus gelés pour Tévécia, on a fait demi-tour. On ne s’était pas rendus compte qu’on avait tant monté dans le glacier. On a mis un bail avant d’arriver au pied du glacier où le guide a suggéré qu’on fasse un somme en attendant le lever du soleil, comme ça on pourrait prendre des photos pendant la descente. Cool ! Tévécia ne rigolait plus, on était pas à Eurodisney quand même. L’eau dans les bouteilles était congelée, les pieds de Tévécia menaçaient de passer au même stade et l’autre zouave proposait de dormir jusqu’au lever du soleil. Sylvain commençait à s’endormir accroupi et avait de plus en plus froid tandis que le guide commençait un cours de « comment assurer sa sécurité en cas de chute avec son piolet » à Pascal (tiens ça aurait quand même pu nous servir plus tôt !). Le mauvais caractère de Tev est notoire, rien d’étonnant que devant cette scène complètement surréaliste elle ait fulminé. Finit ces conneries, on arrête le cours tout de suite et on s’occupe de Sylvain, bouger, redescendre mais éviter qu’il s’endorme.

Pas désarçonné du tout et très complaisant, le guide a proposé qu’on enlève les crampons et qu’on reparte. Enlever les crampons ? Comment ça si on en avait eu besoin pendant au moins deux heures d’ascension à l’aller pour arriver là ? On va descendre comment maintenant ? Ben par une route plus simple bien sûr. Ah bon ? Et ben on aurait bien aimé la connaître à l’aller alors la route plus simple et sans neige … Bref, la descente a été superbe pour nous. Les premiers rayons du soleil coloraient tout le paysage en rose puis orangé et on découvrait enfin la vraie figure du volcan, du glacier, de la vallée… Des paysages lunaires, des éboulés de roches volcaniques aux formes les plus tordues et la neige pour donner plus de contraste encore. Les doux rayons du soleil nous ont réchauffé et le sourire est revenu. Sylvain nous a fait encore quelques frayeurs durant la descente, menaçant un coup de tomber dans les pommes, un autre de vomir ses tripes et n’a plus perdu son mal de crâne jus qu’à la fin du week-end. On a appris ensuite que normalement, les gens de Véracruz, qui vivent au niveau de la mer, nécessitent une journée d’acclimatation à l’altitude avant l’ascension. Le guide s’était bien gardé de nous le dire…

Bon voilà encore une belle tartine, bravo Mathieu et Anne-Claire si vous avez eu la patience d’aller jusqu’au bout, félicitation pour les autres. On vous postera les photos dès qu’on récupère celles de Sylvain, ce sera plus court et au moins aussi parlant.

Bisous et bon ski aux veinards qui profitent encore de la neige !

March 04

Fin des vacances … pour Tévécia

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, j’ai décidé de mettre un terme à ma longue période de vacances. C’était chouette pourtant de glander ! Depuis le 8 décembre dernier, vous n’avez qu’à calculer, ça fait un bail !

Enfin bref, j’avais déjà décidé de m’y mettre la semaine dernière. Tout a commencé autour d’un canard à l’orange gagné par les Bleus pour Pascal en battant l’équipe espagnole pendant la coupe du monde. L’heureux perdant du pari, Papi Pablo (notre papi mexicain qui en réalité est chilien) se léchait les babines devant tous les petits plats chinois un peu gras qu’il n’aurait jamais dû manger à cause de son diabète. Après avoir abordé les thèmes de tous bons français expatriés : la gastronomie française, la campagne présidentielle, Napoléon qui a légué son code au Mexique, Maximilien III qui est venu se faire fusiller au Mexique et De Gaulle je ne sais plus trop pourquoi mais au moins parce qu’il était français, Papi Pablo nous annonce que dans son bureau d’études, y a pas de boulot (bon, ça on le savait déjà) à part une série d’enquêtes à faire auprès de groupes de femmes bénéficiaires de micro-crédits financés par le gouvernement. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de m’y mettre. Et sur un coup de fil passé par Papi Pablo au directeur du bureau d’études, on a remis au goût du jour un vieux pacte datant de mai dernier : je les aiderai bénévolement pour leurs enquêtes le temps de me former et ils m’incorporeront ensuite pour de vrai dans leurs équipes quand la prochaine étude leur sera commandée. Chouette, c’était dans la poche, j’allais aller me ballader à Toluca (capitale de l’Etat de Mexico depuis 1830) puis à Acapulco …

Lundi matin rendez-vous avec le directeur du bureau d’étude : Santos ou Docteur Santos pour les mexicains parce qu’ici il faut respecter le grade de chacun (d’ici à ce qu’ils se mettent à nous appeler Ingénieurs Pascal et Tévécia, ça nous pend au nez !). Donc Docteur Santos m’a intégré dans une « brigade » comme ils disent avec deux autres nanas : Coordinatrice Teresita et Rosa. Notre mission : réaliser 15 enquêtes auprès de 15 femmes à bas revenus, vivant en milieu rural et bénéficiaires du fond de micro-crédits à Toluca dans la journée de mardi. Ces 15 femmes avaient été tirées au sort (pour cause de représentativité statistique et se trouvaient dans différents villages autour de Toluca).

Mais dans un pays où les bleus gagnent des canards oranges et où les papis mexicains sont chiliens, une simple mission de ce type ne pouvait pas être si simple… J’ai d’abord commencé par consulter Coordinatrice Teresita sur notre planning. Simple comme bonjour : départ à 5 h du mat pour être à 7 heures à Toluca et petit-déjeuner pendant deux heures en attendant que les bureaux ouvrent à 9 h. Puis récupérer les adresses complètes des femmes de notre liste et faire les enquêtes. Retour prévu au mieux vers 18h, au pire vers minuit. J’avoue que quand j’ai vu la gueule du questionnaire j’ai commencé à douter : y avait une trentaine de pages de questions pour un temps d’enquête estimé à une heure. Multiplié par 15, plus les temps de déplacement entre chaque femmes enquêtées, je calculais au moins 22 heures sur le terrain, mais bon ici les papis mexicains sont bien chiliens alors …

Pour faire vite, à 9h15 on était au bureau de l’organisme qui gère les fonds des micro-crédits des femmes de notre liste pour leur demander leur adresse et un croquis nous indiquant leur lieu d’habitation et encore un promoteur qui nous accompagnerait pour qu’on trouve nos petites femmes plus facilement. Directrice Silvia, très souriante et très coopérante nous sort une liste de 30 femmes environ avec l’adresse complète de 4 d’entre elles, le nom de la rue sans numéro pour 3 d’entre elles et juste le nom du reste des femmes. Elle nous a conseillé de commencer par aller à San Pablo Autopan, la ville péri-urbaine la plus proche étant donné que les autres femmes avaient été tirées au sort dans des villages à plus de 45 min de Toluca dans des directions opposées. Elle a aussi eu la bonté de nous refourguer un promoteur qui commençait son taff depuis deux jours et qui ne connaissait donc pas plus que nous les femmes à questionner.

Donc voilà, c’est parti. Maintenant, on va voir si vous auriez été plus malins que nous :

Q1 : Dans une telle situation, que faites-vous ?

R1 : Vous commencez par chercher les femmes pour lesquelles vous avez l’adresse, c’est-à-dire 2 à Toluca.
R2 : Vous demandez au promoteur de vous emmener dans le groupe qu’il est censé visiter ce matin pour enquêter les femmes de ce groupe figurant sur la liste, soit encore 2 femmes.
R3 : Ouille, ça se présente difficile, en plus on risque de ne pas manger à midi dans un village où il n’y aura pas de resto digne de ce nom pouvant nous délivrer une facture pour nous faire rembourser. Vous retournez à Toluca pour un deuxième petit-dèj au lard dans un resto qui délivre des factures.
Si vous aviez été plus malin que nous et si vous aviez un estomac pascalien, vous auriez pris l’option 3. Bon nous, on avait un petit estomac et en plus on a voulu se la jouer sérieuses donc on a pris l’option 2 puis 1.
Q2 : Dans le groupe que le promoteur allait voir, les 2 femmes de notre liste sont absentes à la réunion. Que faites-vous ?
R1 : Les femmes du groupe vous indiquent leur maison et vous les enquêtez
R2 : Ca commence à bien faire, vous retournez prendre un petit-dej à Toluca

Bon, on a pris l’option 1. En fait, les femmes de la réunion ne connaissaient l’adresse que d’une femme sur les deux et celle-ci voulait aller se laver donc n’avait pas trop de temps à nous consacrer.

Q3 : Que faites-vous ?
R1 : Votre deuxième petit-dej vous attend à Toluca
R2 : Vous proposez de repasser plus tard et vous allez chercher les femmes dont vous avez l’adresse en attendant.
R3 : C’est bon, on n’est pas là pour glander, l’enquête on la fait en 20 min et la señora, elle ira se laver après.

Ben, cette fois Rosa a pris l’option 3. Hallucinant, elle a torché son enquête qui théoriquement devait durer une heure en 20 min. Ca fait en moyenne un petit peu plus que du 40 secondes par page. Mais ici les bleus gagnent du canard orange et les papis mexicains sont chiliens …

Ben après la performance de Rosa on a cherché les femmes pour lesquelles on avait leur adresse complète. La première nous a plus ou moins indiqué la rue d’une autre femme à enquêter. La rue Moctezuma en question, on ne l’a jamais trouvée mais on est tombées sur la rue Lerdo de Tejada, dans laquelle devait vivre une autre femme. Ben c’est parti, on a fait du porte à porte pour chercher Maria Alba Rosa Martinez, censée vivre dans cette rue. Il faudra bien que je précise que la rue faisait 3 km de long et qu’au bout de 3 km, Maria Alba Rosa était toujours inconnue au bataillon.

Bref, à 14h,on n’avait fait que deux enquêtes et on commençait à avoir les crocs.

A 15h, Coordinatrice Teresita qui n’avait rien dormi de la nuit commençait à avoir sommeil et me confiait les manettes de la voiture pour roupiller derrière. Ca valait d’ailleurs mieux pour la voiture qu’elle avait déjà abîmé trois jours plus tôt mais qu’elle continuait à maltraiter à chaque dos d’âne (et des dos d’âne dans ce village y en avait en moyenne 1 tous les 50 m).
A 16h, on avait fait 4 enquêtes (à trois !), Coordinatrice Teresita avait terminé sa sieste mais je gardais quand même les manettes (je suis pas folle, moi au moins, je regarde si y a des voitures qui arrivent à droite et à gauche quand je passe un carrefour) et on avait toutes vraiment la dalle. On décidait quand même de rejoindre le promoteur du matin qui devait visiter un autre groupe de femmes qui comprenait encore deux femmes de notre liste. Pas de bol, le promoteur était complètement paumé et 5 aller-retours plus tard dans la même rue, soit une trentaine de dos-d’âne plus tard, on trouvait enfin le lieu de la réunion. Re-pas de bol, la réunion était terminée et toutes les femmes étaient reparties. Bon, je vous fais grâce de la suite, mais à 20h (je vous le dis honnêtement à vous mais il faut dire à 21h30 au Docteur Santos), on avait fait 8 enquêtes, toujours pas déjeuné et ras-le-bol le plus total. On décidait enfin de retourner manger à Toluca. Ben oui, les plus malins d’entre vous l’auraient déjà fait depuis 9h30 du mat. On est un peu lentes à la comprenette.
Donc trois priorités à droite grillées par Coordinatrice Teresita plus tard, deux hurlements de terreurs plus tard poussés par Tévécia qui commence quand même à s’habituer à la conduite mexicaine parce qu’elle n’a pas hurlé trois fois, et un bon repas dans l’estomac, on avait presque fini la journée. Presque fini parce qu’il nous restait à retrouver l’endroit où on avait petit-déjeuner le matin parce que c’est bien connu, les patrons font la grasse-mat et donc si on veut une facture, il vaut mieux passer après 14h. Presque fini parce qu’il nous restait aussi à trouver un hôtel. Presque fini aussi parce qu’il nous restait à appeler Docteur Santos, le directeur pour lui expliquer qu’à 22h, on n’avait trouvé que 8 femmes et toujours pas mangé et que ce serait bien qu’on dorme ici plutôt que de rentrer à 2h du mat à Texcoco parce qu’à cette heure y a des embouteillages à la capitale pour repartir à 5h du mat le lendemain finir les 7 enquêtes qui nous restent à faire, et que de toutes façons, ça reviendrait moins cher de payer une nuit d’hôtel que de refaire l’aller-retour avec tous les frais d’essence et de péage que ça engendrerait. Heureusement, le docteur Santos a été magnanime et à 23h30, on s’étalait comme des crêpes sur nos matelas. Trop crevées on n’a même pas eu le temps de faire un peu de tourisme à Toluca.

Pour la petite histoire, le lendemain, on a demandé qu’un promoteur plus compétent nous accompagne. On a roulé toute la journée sur des pistes avec une jante rendue carrée le matin même par coordinatrice Teresita qui est passée sur un trou à 80 km/h. A 17h, on allait enfin déjeuner parce qu'on avait trouvé nos 7 femmes qui nous manquaient. On s’était rendues compte que la Rosa de la liste avait déménagé et que personne ne savait où elle habitait maintenant, que Paula n’existait pas, quelqu’un avait dû mettre son nom pour toucher un micro-crédit à sa place, et que Fernandina existait bien mais qu’elle n’était pas trop au courant qu’elle faisait parti d’un groupe de micro-crédit, que c’est sa fille qui s’occupait de ça, et que de toutes manières, le crédit, elle ne l’avait jamais investit dans une activité productive, charité bien ordonnée commence par soi-même. Je pense que c’est le fils qui remboursait à sa place.

Au bilan, on a quand même vu des femmes qui vivent bien dans la dêche. J’ai appris que le salaire d’une réceptionniste ici était de 150 euros mensuels, en somme bien peu pour une femme qui a étudié et qui est atteinte d’un cancer soient 75 euros de frais de traitement par mois.

Pour se changer les idées, on s’est quand même accordées un peu de tourisme à Emetepec sur le chemin du retour. Les boutiques de chorizo verde étaient déjà fermées, dommage pour l’estomac de Pascal mais on a admiré les églises, cathédrales et artisanats en céramique. On a gagné trois décos pour la maison.

Voilà pour mes premiers jours de terrain. On était censées retourner faire la même chose à Acapulco ce week-end mais les grands chefs ont admis que ça ne servait à rien tant qu’on n’avait pas de liste avec les adresses complètes. Ce sera partie remise pour la semaine prochaine. Entre temps, j’ai appris avec épouvante que les horaires de bureau étaient de 8h à 21h avec pause déjeuner de 15h à 17h du lundi au vendredi et de 9h à 15h le samedi (dixit Coordinatrice Teresita que je n’ai cependant jamais vu arriver avant 10-11h du mat et prendre au moins 3h de pause l’aprèm pour manger et dont je ne sais pas trop à quelle heure elle part puisque je ne me suis jamais éternisée après 18h30). Qu’il est loin le temps de le Chambre d’Agriculture ! Voilà c’est ça le Mexique, beaucoup de règles officielles mais un fonctionnement selon les volontés de chacun, après tout, les Bleus gagnent bien des canards oranges et les papis mexicains sont en fait chiliens …

Tévécia

February 23

Un we au carnaval de Veracruz

On nous avait dit que le carnaval de Veracruz était le plus grand et le plus beau du Mexique... On a pas été déçus ! En effet, une vraie fête populaire, certes récupérée par une ribambelle de marques, mais le public est là, participe, chacun à sa façon, et le spectacle vaut vraiment le voyage.
Il y a les gens qui viennent en famille, qui s'assoient sagement autour de la grand mère en attendant que le carnaval commence, et ceux qui viennent pour participer au sens propre :  monter sur les chars, danser avec les danseurs, chanter,... le tout bien arrosé bien sûr.
Les troupes viennent de partout, du Mexique surtout, mais aussi quelques écoles de danse brésiliennes. Et les chars rivalisent tous de couleur, de taille, de musique, de danseuses... Un bien beau spectacle en somme !
February 17

La vie quotidienne à Chapingo

Après un peu plus de deux semaines sur le campus de Chapingo, notre petite vie commence à s'organiser. Nous vivons dans le campus même, dans un endroit réservé aux "gringos" soit nous, les étrangers. D'ailleurs, plutôt que des "gringos" (=américains) il y a bien plus de français, qui viennent passer un semestre au soleil. On partage donc une petite maison avec Camille, de Haute Savoie, super sympa, écolo et apicultrice, et qui de surcroît tolère les clandestins dans sa maison... Oui, parce que théoriquement, Tévécia n'appartenant pas à Chapingo, n'a pas le droit d'habiter là, d'utiliser les ordinateurs de la fac, de laver son linge gratos dans la laverie de la fac, de disposer du code pour accèder aux offres d'emplois de la fac, enfin rien de ce qu'elle fait quoi...

Parce que la plupart de ses journées, elle les passe à chercher du boulot, à envoyer des CV, écrire des lettres de motivation... Sans oublier qu'à chaque fois qu'elle rencontre quelqu'un, elle lui demande si il aurait pas quelques pistes par hasard...

Heureusement pour elle, le campus regorge d'animations : conférences tous les jeudis, comité de certification biologique et même un marché bio le samedi. Y'a aussi des cours de danse, un club de rando qu'elle meure d'envie de connaitre, et la possibilité d'assister à des cours divers et variés. Et sa nouvelle lubie : la capoeira, avec un groupe de Texcoco. J'ai assisté à son premier cours, c'était...

Et moi pendant ce temps là, je tournais... en rond dans mon bureau du CIESTAAM, mon centre de recherche d'accueil ici.

Vous pouvez voir tout cela en photo sur le dernier diaporama mis en ligne : visite du campus de Chapingo.

Voilà, là on s'apprête à partir pour Veracruz, sur la côte Caraibe, pour assiter au carnaval le plus grand du pays... ça promet, et on vous racontera !


February 14

Bienvenue sur notre bloguetito !

Tévécia et Pascal vous souhaitent la bienvenue sur leur blog de vac... oups ! de travail au Mexique !

On oublie tout sous le soleil de Texcoco, sauf vous !

Voilà les premières photos rien que pour vous.

Gros bisous à tous,
T&P